mercredi 2 janvier 2013

Bilan Cinéma 2012 - partie 1


Je vais commencer les critiques par la catégorie à part du classement: les grands classiques du cinéma.
L'an passé cela correspondait aux films avant 1960, j'ai décidé cette année de l'étendre jusqu'aux films avant 1970, ça me parait plus logique.
Cette année je me suis enfin inscrite au réseau de Médiathèques de la région Montpelliéraine car il y a un catalogue assez impressionnant de films à louer, dont beaucoup de vieux films, ce qui va m'aider à compléter ma culture, nombre d'entre eux n'étant pas facilement trouvables.

Ils sont classés par ordre de préférence inversé, je commence donc par ceux qui m'ont le moins plu.


LES CLASSIQUES 



Les Visiteurs du Soir (1942)

♦  J'ai eu beau en étudier un paquet pendant mes études en cinéma, il y a nombre de classiques du cinéma français que je n'ai toujours pas vus en entier. Celui-ci étant un monument tout autant que Les Enfants du Paradis du même réalisateur (pas encore vu), je me suis décidée à tenter...
...et j'ai cru mourir d'ennui.
La très mauvaise qualité de l'image et du son n'a certes pas aidé mais le mauvais jeu des acteurs, l'absence totale de rythme, la psychologie creuse au possible des personnages et une histoire bien mal dirigée sont assez insupportables.
Grosse déception.




Autant en emporte le vent (1939)

♦  Dans la famille des grands classiques absolus il manquait celui-ci, donc un soir on s'est motivées avec Mabo pour le visionner ensemble en papotant/grignotant (indispensable pour tenir les 4h que dure le film...) mais ça n'a pas suffi et j'avoue avoir somnolé sur la dernière 1/2 heure.
Les plans sont travaillés, l'image est belle pour l'époque, la reconstitution façon fresque d'une époque témoigne d'un grand film de l'âge d'or d'Hollywood mais ça ne suffit pas.
Peut-être car c'est justement une époque que je n'aime pas, qui ne m'intéresse pas et dont j'ai juste envie de secouer la plupart des protagonistes à cause de leur attitude de colons blancs racistes bourgeois dominants.

Le personnage principal joué par Vivien Leigh est irritant au possible, et même si c'est le but pour que l'on puisse la voir évoluer au fil du temps, ça ne marche pas, elle reste tout aussi insupportable du début à la fin, cumulant les mauvais choix et les attitudes d'enfant gâté et du coup je n'ai pas réussi un seul instant à me soucier de ce qui pouvait bien lui arriver.
Quand à Clark Gable/Rett Butler, qui lui dispute la palme du détestable par moments, mais dont comprend qu'il ait toutes les peines du monde à supporter Scarlett, finalement il résume parfaitement mon intérêt pour le film via sa dernière phrase de dialogue mythique:
"Franckly my dear, I don't give a damn".



L’Équipée Sauvage ( 1953)

♦  Autre film mythique par son contenu provocant pour l'époque (les gang de motards, la jeunesse rebelle) et par l'un des plus grands rôles de Brando après Un Tramway nommé Désir.
Hélas il a très mal vieilli et ce qui traumatise les bonnes gens de la petite ville "envahie" semble bien caricatural et innocent aujourd'hui.
Mais ce qui gâche le film c'est surtout le mauvais jeu d'acteur de Marlon Brando, peu crédible en motard avec sa voix fluette et sa gueule d'ange imberbe, peu convaincant en dur à cuire mutique dont on a plutôt envie de le secouer et dont l'absence de réaction lui confère juste l'air débile.
Le personnage féminin principal est insupportable aussi, du coup, aucun attachement ni empathie n'est possible pour l'un ou l'autre.
Le scénario est bancal, les situations passant de la taquinerie au tragique de façon assez peu réaliste, et les attitudes des gens de la ville sont tellement exagérées que l'on est plutôt dans la caricature.
Même si ce film a marqué son époque, a été interdit de diffusion en Grande-Bretagne pendant des années, a inspiré nombre de motards, a fait du Perfecto et de la Triumph les emblèmes de toute une génération et même des Hell's Angels, le jeu minable de Brando et la faible qualité du film ne m'ont pas convaincue.



Un homme est passé (1955)

♦  J'ai regardé celui-ci en plusieurs fois pendant que je bidouillais en couture, et en l'absence de sous-titres j'ai eu un peu de mal avec l'accent façon patate dans la bouche de pas mal des acteurs, donc mon avis est un peu biaisé car je pense avoir raté quelques trucs.
L'histoire est intéressante, et j'ai aimé le côté "loi du silence" qui règne sur ce patelin perdu au fin fond de rien. L'isolement est d'ailleurs parfaitement rendu, ainsi que le côté "crasseux", c'est un film d'ambiance avant tout et on se sent parfois oppressé malgré l'espace immense des décors.
Spencer Tracy est impeccable, son silence intriguant et sa détermination lui donnent un aspect de monolithe que rien ne peut arrêter.
Le sujet de fond, le racisme brutal et "légitime" de l'américain blanc moyen, m'a rappelé deux films que j'adore, Dans la chaleur de la Nuit et Mississippi Burning, mais cette fois-ci le peuple concerné est celui des indiens natifs américains.
Une belle leçon d'humanité, mais je regrette de ne pas avoir pu apprécier le film dans de meilleures conditions.



La Mélodie du Bonheur (1965)

♦  En plus d'être un classique incontournable du cinéma et de la comédie musicale, je pense que ce film doit détenir la palme des costumes les plus kitchs au monde et des bons sentiments au kilo, ce qui pourrait le rendre insupportable mais le rend au contraire très sympathique.
L'histoire,  les personnages et les décors sont dégoulinants de guimauve au possible toute la première partie du film, mais ensuite le ton change et le contexte historique (la seconde guerre mondiale) prend le pas sur le reste.
Le film s'engage alors dans une voie plus réaliste et d'autant plus émouvante, avec également des personnages prenant une direction imprévisible, tordant le cou aux clichés que l'on pensait acquis au début du film.
Mais le vrai atout du film, la magie qui irradie, que ce soit dans un couvent, dans des fringues faites en rideaux ou dans les prairies suisses survolées par hélicoptère, c'est l'aura de Julie Andrews.
Sa gentillesse, sa douceur, son sourire, son petit rire spontané et surtout sa voix, nous transportent, nous charment, et il est impossible de lui résister. On ne peut s'empêcher de chantonner avec elle en souriant bêtement.
Un film très guimauve et parfois kitchissime dans la première partie, mais finalement une perle et un rôle parfait à la mesure du talent de la grande Julie Andrews.




Billy le Menteur (1963)

♦  Une petite découverte via le cinéma Diagonal, je n'avais jamais entendu parler de ce film britannique et j'avoue m'être régalée.
Au delà de l'histoire, qui est intéressante et moins légère qu'il n'y parait au premier abord, ce que j'ai apprécié c'est le contexte de l'époque: fourmillant de détails et tourné en grande partie en extérieur, c'est un très bel aperçu de l'Angleterre des années 60.
Le choc entre les jeunes qui refusent de suivre le mode de vie de leurs parents et ces derniers qui ne comprennent pas leurs aspirations, le modernisme technologique, l'émancipation des femmes, l'apparition de la musique "pour les jeunes", tous ces aspects sont bien décrits et les dialogues font "vrais" et spontanés.
Je n'ai pas raté une miette de chaque plan, tant cela fourmillait de détails fascinants pour moi qui adore la Grande-Bretagne.
Petit rire d'ailleurs quand sur la table familiale au repas j'ai aperçu salière et poivrière typiques de l'époque et que soudainement j'ai compris pourquoi les britanniques appellent les Dalek (des méchants dans la série Doctor Who) des "Pepperpot on wheels" (poivrière sur roues): le design est le même, et quand on sait que la série date de 1963 aussi, le rapprochement est vite fait ;)
Une chouette découverte que ce petit film.



Un pyjama pour deux (1961)

♦  J'avais trouvé celui-ci à prix dérisoire sur le net donc je me suis dis pourquoi pas, je n'avais encore jamais vu de film avec ces deux grandes stars que sont Rock Hudson et Doris Day.
Le sujet était doublement intéressant (l'univers de la publicité et l'émancipation de la femme par le travail) et je n'ai pas été déçue, c'est une comédie romantique très agréable.
Le duo fonctionne bien, j'ai bien apprécié le jeu des deux acteurs et comme j'apprécie en général l'humour gentillet de cette époque du cinéma, j'ai bien ri devant les scènes les plus incongrues, un bon ptit film américain de divertissement comme j'aime.



Les Sept Samouraï (1954)

♦ Oui, je n'avais encore jamais vu ce monument du cinéma et j'ai un peu honte ( idem pour ceux qui suivent), mais je rattrape mes lacunes petit à petit, bien que pour la filmographie d'Akira Kurosawa j'ai encore du chemin à parcourir car le seul autre que j'ai vu est loin d'être le meilleur puisqu'il s'agit de Rêves.
Les Sept Samouraï c'est un peu plus de 3h de film dans une qualité d'image déplorable, un son parfois inaudible, et un jeu d'acteur excessif donc il a fallu s'accrocher pour tenir bon mais ça valait le coup, c'est une fresque épique, et le sujet de fond est très intéressant.
Si j'ai l'occasion de le revoir avec une meilleure qualité j’essaierai car je pense que ça me permettrai de mieux l'apprécier.



La Ruée vers l'Or (1925)

♦  J'ai beau avoir vu de nombreuses fois Les Temps Modernes et Le Dictateur j'étais toujours passé à côté des deux autres grands classiques de Charlot, qui peuvent paraître plus légers mais pas vraiment.
La Ruée vers l'Or, même si le contexte m'intéresse peu, est très drôle, le talent de Chaplin est déjà bien visible, et certaines scènes sont aussi tragiques que drôles, comme il sait si bien le faire.
Il n'y a pas besoin de longue critique ici, Chaplin est au panthéon des plus grands du cinéma pour moi et ses films sont toujours de pures pépites (pun intended).



Le Kid (1921)

♦  J'ai encore plus aimé celui-ci, il faut dire que la bouille du petit Jackie Coogan d'alors est irrésistible, on ne peut que craquer devant ce petit bout avec sa mythique salopette trop grande et sa casquette de gavroche.
L'histoire est tragique au possible, comme toujours, avec ce petit côté conte de fée que l'on trouve dans certains de ses films, mais avec en plus un final onirique assez surprenant.
D'autant plus que l'ayant vu à un moment de grande fatigue, j'ai quelque peu somnolé à la fin et me suis réveillée en pleine séquence "angélique" du coup j'ai cru que tout le monde était mort :D



Du Silence et des Ombres (1962)

♦  Grand classique américain dont le sujet m’interpellais depuis longtemps, toujours dans la veine de ce cinéma anti-raciste/préjugés et très humaniste des années 60 qui me tient à coeur.
L'histoire est prenante, le scénario travaillé, l'image est superbe (j'ai particulièrement aimé le travail sur les contrastes et les ombres), la mise en scène est impeccable, c'est un film d'une grande qualité.
La particularité, qui fait toute la saveur du film et qui nous donne l'impression de le vivre, de partager l'ambiance de cette petite ville et de la chaleur de l'été, c'est que le récit nous est raconté à travers les souvenirs d'une petite fille, avec ses yeux innocents, sa vivacité d'esprit et surtout sa spontanéité attachante.
Un magnifique film, très prenant, avec des personnages originaux et attachants, et un dénouement qui met une bonne claque dans la figure.
Le film est adapté d'après un roman d'Harper Lee To Kill a Mocking Bird de 1960, paru en français sous le titre Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et que je compte bien me procurer et lire en 2013.



L'Auberge Rouge (1951)

♦  Ayant grandi en regardant les Don Camillo et ayant toujours eu un faible pour l’interprétation de Fernandel dans tous ses rôles, j'essaie quand je le peux de compléter ma découverte de sa filmographie.
Celui-ci avait en plus un sujet des plus intéressants par son coté glauque, d'autant plus qu'il est tiré d'une histoire vraie.
Je ne m'attendais pas du tout à un film d'une telle qualité, et j'en ai été bluffée tout le long, c'est vraiment mon coup de coeur en film classique pour cette année.
L'histoire est aussi effrayante que les personnages sont exagérés: il y a un perpétuel décalage pendant tout le film entre l'horreur de la situation et l'humour dû à l'aspect caricatural des protagonistes. Un tel humour noir pour un film de cette époque c'est surprenant et cela rend le film particulièrement savoureux.
Les dialogues sont aussi aiguisés que les haches de l'histoire, il y a des répliques d'autant plus affreuses qu'elles sont dites avec le sourire et j'ai été captivée par l'histoire du début à la fin.
Le rythme du scénario est parfaitement maîtrisé, et les situations de suspense sont telles que plusieurs fois on se prend à frémir pour ce que l'on suppose qui va arriver, jusqu'au dénouement plutôt culotté, qui nous a laissé sans voix avec Toon.
Un très grand film, incontournable.

♦ ♦ ♦

5 commentaires:

  1. Bon j'avoue ne pas avoir vu tout les films par contre autant en emporte le vent est dans mon top.
    Alors oui kukux clan avec les dérives de l'auteur qu'on trouve pas très correct à nos yeux.
    Oui scarlett est un personnage détestable qui n'évolue pas ou peu, du début à la fin, mais bizarrement je ne l'ai pas détesté. Je l'ai trouvé gamine certes, têtue sans aucun doute, incompréhensible dans sa passion pour Geoffrey qui n'a aucun charisme (non mais face à Rhett ya pas photo !) mais en même temps très moderne dans sa façon se s'y prendre surtout pour gérer des affaires dans un monde d'hommes et assez débrouillarde.

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  2. Ce n'est pas toujours simple de voir des vieux films. Heureusement il y a de bonnes surprises :)

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  3. J'adore comme les premiers films se font casser à mort c'est fort dis donc tes critiques ^^

    Juste un détail pour Un homme est passé, il vient dans ce village à la recherche d'un américain d'origine japonaise et non un indien. C'est ça aussi que j'ai trouvé fascinant de voir un village encore à l'aspect western au niveau des réactions des gens alors qu'il y a déjà des japonais installés sur leur sol depuis longtemps.

    Ah les robes en rideau mon kiff ultime ! Par contre c'est pas la Suisse rappelle-toi c'est l'Autriche :p Toutes ces Alpes qui s'étalent sur plusieurs pays c'est perturbant :p

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  4. Les Visiteurs du Soir (c'est flou dans ma mémoire, mais j'avais bien aimé), Autant en emporte le vent (aaaah pis cette musique.... <3 <3), La Mélodie du Bonheur (musique aussi sympa, mais ça a beaucoup vieilli), Les Sept Samouraï (très beau, mais j'avoue j'ai failli m'endormir XD J'aime beaucoup les films japonais, mais parfois c'est long), L'Auberge Rouge (excellent !! La nouvelle version qu'ils ont voulu faire en couleurs est une hérésie, rien en vaut l'originale).

    J'ai enregistré des Charlots qu'a diffusé Gulli dernièrement, je suis incapable de dire ceux que j'ai vu ou pas, c'est trop flou dans ma tête, donc je vais essayer de tous les revoir :)

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  5. Pichoune: pour Autant en emporte le vent, effectivement j'ai bien vu qu'ils mettaient en avant la façon qu'elle a de prendre le domaine en main et de s'imposer, mais hélas ça n'a pas suffit à me faire accepter ses gamineries, je pense que quand je prends en grippe le perso dès le début en général c'est mort ^^"

    Mabo: moi j'y vais fort? mais j'ai toujours été la nuance incarnée voyons :p
    haaa mais oui, comment j'ai pu marquer une telle erreur pour Un homme est passé, bien sur que c'est un japonais, ça m'avait marqué sur le coup justement que ce soit différent! Merci de rafraîchir ma mémoire de poisson rouge ^^
    Pour la mélodie du bonheur c'est mort j'ai retenu Suisse depuis le début, c'est foutu :p

    Tanja: Pour les Visiteurs du Soir c'est pas ta mémoire qui est floue, c'est la qualité de l'image :p
    J'adore le cinéma japonais et son côté contemplatif ou long mais on dirait que ça marche mieux sur les films plus récents, peut-être que la qualité d'image ou de jeu d'acteur ayant évolué ça aide ^^"
    Pour les Chaplin il me reste surtout à voir Les Lumières de la Ville avec Buster Keaton ♥

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